Conférence de presse sur la réorganisation des commissariats de police à Marseille le 23 novembre 2016

img_20161123_110212Une réorganisation de la police est concoctée à Marseille, pourquoi pas ?

L’objectif étant de mettre le maximum de fonctionnaires sur le terrain, c’est une nécessité.

Le problème est que cette restructuration se fait à moyens identiques.

Conclusion : le Préfet de police et le Directeur départemental de la sécurité publique proposent de réduire l’ouverture des commissariats, la nuit, le week-end…

Seule chose positive : la reconnaissance de ce que nous disons depuis longtemps, en matière de sûreté, un des droits naturels et imprescriptibles de l’homme (DUDHC*), l’efficacité réside dans une police de proximité, avec de véritables gardiens de la Paix, œuvrant tout autant pour la prévention, l’investigation que pour la répression.

* Article 2 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen

Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

 L’austérité budgétaire depuis des années – gouvernements Sarkozy et Hollande – avec les coupes claires dans les effectifs du service public de sécurité, et l’état d’urgence ont conduit à réduire les missions à la seule répression.

Ces baisses de moyens ont également conduit à deux autres phénomènes préoccupants :

  • Le recours de plus en plus massif à la police municipale
  • La place grandissante des officines de sécurité privée et aux dispositifs privés comme la vidéo-protection, que je n’ose même plus appeler vidéo-surveillance, tant les exemples sont nombreux de faits délictueux sans suite.

Le but est clair, quand on voit l’instrumentalisation de l’insécurité par certains élus politiques, accroître les peurs, l’individualisme, le repli sur soi, la suspicion et in fine la division entre citoyen-nes. La meilleure illustration se fait par les choix de Christian Estrosi à la tête de la Région.

Des choix politiques qui servent toujours plus l’idéologie de l’extrême droite.

Nous dénonçons cet état de fait pour l’inconséquence des décisions prises, l’inefficacité des choix politiques, le coût de plus en plus important et injuste, sur le dos des contribuables.

Par exemple, l’augmentation des effectifs de police municipale, l’élargissement de leurs missions comme le travail de nuit, l’armement, les formations…au point qu’aujourd’hui, ces agents réclament le même salaire, et pourquoi pas le même statut, mais payés par les impôts locaux injustes…nous courrons droit vers une police à l’américaine, qui n’est pas un modèle du genre.

Pitoyable est donc l’attitude de la majorité des élus de Marseille, conseillers municipaux et/ou parlementaires qui ont tout voté en matière de politiques sécuritaires et liberticides.

Insolentes sont les contradictions des parlementaires qui votent ou ont voté les budgets de l’Etat de rigueur et d’austérité tout en réclamant au plan local des moyens supplémentaires.

Car à moyens égaux au plan national, si Marseille doit avoir des moyens supplémentaires, ce serait forcément au détriment d’autres territoires.

Pour nous, élus Front de gauche de Marseille, nous demandons de la cohérence et de l’efficacité.

Cohérence, car nous n’avons jamais partagé la politique municipale visant à substituer la police nationale par la police municipale. Le summum a été atteint à Nice, pour quels résultats ?

Inquiets du processus, nous alertons, car l’étape suivante après l’austérité budgétaire sera d’avoir recours à la sécurité privée.

Efficacité, car aujourd’hui c’est le mépris le plus total.

Combien de courriers envoyés au Procureur de la République, sans même un accusé de réception, une réponse ?

Combien de lettres au Préfet de police, à l’adjointe à la sécurité de Marseille, avec des réponses tardives, évasives après plusieurs relances ?

Nous doutons pour ne pas dire que nous critiquons la proposition de pré-plainte par internet.

Les habitants se sentent méprisés, pas écoutés lorsqu’ils sont en proie à des difficultés et victimes de délits, d’agressions en tout genre. Des habitants qui se posent des questions sur la véritable efficacité des caméras de vidéo-protection.

Le sentiment d’insécurité grandit, alors que Marseille, n’est pas plus coupe-gorge, qu’une autre grande ville similaire, comme on veut le faire croire à la France entière voire au-delà de nos frontières.

Les inégalités sont criantes aussi en matière de sûreté et nous réclamons une autre politique de l’Etat et de la municipalité. La République et ses valeurs ne suffisent plus d’être évoquées de manière incantatoire, quand le quotidien montre le contraire.

Les Marseillaises et les Marseillais n’ont que faire de la « guéguerre » des polices à Marseille, ils n’ont que faire des promesses et de la vigilance de certains élus.

Elles et ils veulent vivre en toute tranquillité, et pouvoir compter dans tous les quartiers sur une police 24h sur 24, à l’écoute, qui fasse de la prévention. Une police de proximité. Nous le répétons avec de véritables gardiens de la Paix et en plus grand nombre.

Cette efficacité-là a un coût, qui ne s’accommode pas de l’austérité budgétaire votée à l’Assemblée nationale et au Sénat. Les moyens existent dans notre pays. Encore faut-il avoir le courage politique d’aller les chercher dans les banques, dans l’évasion fiscale, dans la justice fiscale.

Nous insistons sur ce sujet car il est d’actualité, mais pour nous la meilleure sûreté réside dans une société de vivre ensemble et de respect, débarrassée d’injustices, d’inégalités, de discriminations, de stigmatisations. Une société de plein emploi dans laquelle la dignité de chacun-e est retrouvée, et l’égalité entre les citoyen-nes comme un droit réel. C’est possible à condition d’en avoir la volonté politique !

 Autant de débats au cœur des élections de 2017 : présidentielle et législatives.

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